Face aux enjeux d’inclusion et d’hétérogénéité des niveaux, les outils de lecture numérique occupent une place croissante dans les établissements scolaires. La plateforme Sondo, développée par MOBiDYS, s’inscrit dans cette évolution, avec un objectif : faciliter l’accès à la lecture pour tous les élèves, notamment les élèves porteurs de troubles « dys », sans se substituer aux supports existants.
Anne Thay, directrice de MOBiDYS, éditeur de la bibliothèque Sondo, détaille les spécificités de la solution et ses usages concrets sur le terrain.
Qu’apporte Sondo par rapport aux autres bibliothèques numériques ?
Notre petit plus c’est la question de l’inclusion, comme le laisse entendre le nom de la société qui a développé Sondo : MOBiDYS pour une attention particulière portée au public « dys ».
Notre première cible, ce sont les élèves qui ont des difficultés en lecture.
C’est pour cela qu’on utilise le numérique : on rajoute des aides à la lecture qui vont soutenir les efforts des élèves, basées sur les pratiques des orthophonistes, ainsi que sur les prescriptions de designers pour rendre l’outil le plus accessible possible.
Mettre en forme un texte avec des caractères spécifiques, du texte non justifié ou des syllabes colorées est un travail que font les enseignants et qui prend beaucoup de temps. Là, c’est à portée de clic de l’élève.
Sondo propose aussi des fonctionnalités pour que les élèves se repèrent mieux dans la structure de la page. C’est un outil à leur disposition pour lire en autonomie.
Pourquoi est-ce inclusif ? Sondo est utile à des élèves avec trouble dys, ainsi qu’à des jeunes qui n’ont pas de troubles cognitifs, mais qui rencontrent des difficultés parce qu’ils sont encore apprenants-lecteurs et butent sur des mots compliqués. De même Sondo est destiné à des élèves dont le français n’est pas la langue maternelle ou qui parlent une autre langue à la maison.
C’est également inclusif parce qu’un élève qui lit bien peut aussi piocher ses lectures dans la bibliothèque Sondo, qui est partagée entre tous les élèves. Beaucoup d’enseignants l’utilisent d’ailleurs en projetant les livres au tableau, pour toute la classe.
Sondo propose de plus une bibliothèque multi-éditeurs. Nous questionnons les enseignants, les conseillers pédagogiques, nous étudions les programmes pour intégrer dans la bibliothèque Sondo les titres appropriés au contexte scolaire. Et nous sélectionnons tous les titres que les enseignants désirent. Nous proposons environ 300 titres au primaire, 450 au collège, et un peu plus de 300 pour le lycée.
Les œuvres référencées sont des versions intégrales — non des extraits — avec une pagination identique à celle du livre papier. Sondo ne propose ni animations ni système de récompense, uniquement des outils typographiques. L’élève lit, sans être sollicité ni gamifié.
Notre baseline : donner le pouvoir de lire aux élèves, ce qui signifie possibilité et envie. De fait, le numérique, la diversité et l’interface agréable et intuitive sont vraiment efficaces pour cultiver le plaisir de lire, avec une pratique différente et complémentaire à la lecture traditionnelle.
L’accessibilité de la lecture, c’est aussi donner du plaisir à lire.
Des élèves interrogés lors des derniers États généraux de la jeunesse ont dit qu’ils voulaient « des formats différents et des textes variés ». C’est ce que nous nous employons à faire avec la bibliothèque numérique Sondo.
Quels effets observez-vous chez les élèves et les enseignants après quelques mois d’utilisation ?
Chaque année, nous effectuons une enquête d’impact. Nous sondons les utilisateurs, surtout les enseignants, mais nous allons aussi parfois dans les classes pour demander leur avis aux enfants.
La diversité du catalogue élargit l’offre disponible : certains titres sont absents des bibliothèques de classe ou n’existent qu’en un seul exemplaire en format papier. Si on veut par exemple organiser un défi lecture, ou bien un concours, ou faire lire en commun, la bibliothèque Sondo permet de démultiplier l’offre de lecture.
Les enseignants soulignent une réelle facilité de la différenciation pédagogique et du temps gagné sur la préparation. Avec les livres proposés par Sondo, ils n’ont plus besoin de faire eux-mêmes les adaptations (changer la police, aérer la mise en page, toutes les recommandations des orthophonistes pour la dyslexie par exemple). Quand ils le font, c’est sur leurs propres documents, leurs feuilles d’exercices ou d’évaluation, mais plus sur les sources. Imaginez la complexité : il faudrait réécrire entièrement une œuvre complète !
Sondo permet aussi à l’enseignant de regarder comment les élèves lisent et ce qu’ils lisent. Depuis la rentrée de septembre, 850 établissements abonnés totalisent 1 million de pages lues : un indicateur d’usage concret sur le terrain.
Comment Sondo s’intègre-t-elle dans les pratiques de classe sans remplacer les livres ni le travail pédagogique des enseignants ?
Sondo a été pensé pour être complémentaire du papier. Sondo n’édite pas ses propres livres, car tous les livres référencés dans notre bibliothèque existent en version papier et sont déjà souvent présents dans les bibliothèques d’établissements scolaires.
L’usage peut donc être soit pour des élèves spécifiques, soit parce qu’on a besoin de plus d’exemplaires.
Parfois, les élèves ont découvert Sondo en numérique et demandent le livre papier pour le lire sous ce format. Et dans les petites classes, les élèves aiment bien relire : le numérique peut servir pour travailler à la maison. C’est vraiment pensé en complémentarité pour multiplier les possibilités de lecture, sous toutes les formes.
Chaque ouvrage inclut d’ailleurs la lecture audio en voix naturelle (et non en voix de synthèse), avec un effet karaoké avec du texte surligné en même temps que lu. C’est un moyen de compensation pour les élèves qui éprouvent des difficultés à lire, et une manière différente de continuer à s’exercer. Cette fonctionnalité spécifique a elle aussi été développée suivant des travaux de recherche et avec des orthophonistes et designers pour rendre les outils accessibles.
Ce qu’il est important de souligner : il y a toujours correspondance avec la pagination du livre papier : si vous ouvrez le livre papier à la page 29, ça sera la même page et la même présentation pour le livre numérique. C’est non seulement pratique, mais cela atténue aussi le statut spécifique de l’élève en difficulté, qui n’est plus seul avec une version numérique différente.
À noter : Sondo est exclusivement destiné aux établissements scolaires. Bibliodysée est la déclinaison conçue pour les bibliothèques publiques, sur le même principe.

À quels besoins prioritaires du terrain répondez-vous aujourd’hui ?
Nous répondons à plusieurs besoins :
- Les difficultés de lecture des élèves
- L’hétérogénéité des niveaux dans une classe
- Le besoin d’autonomie des élèves
Nous répondons aussi à un besoin de différenciation pédagogique sans alourdir le travail des enseignants et à un besoin d’accès à une offre de lecture plus large.
Nous pensons aussi aux enfants qui vont une semaine chez leur père ou leur mère et pour lesquels transporter tous les livres est compliqué. La bibliothèque numérique simplifie leur quotidien et évite les oublis.
Quelle est votre vision de la lecture scolaire dans les prochaines années et quel est le rôle des outils numériques comme Sondo ?
Je pense qu’il n’y a pas assez de livres dans les établissements scolaires. Je plaide pour qu’il y en ait plus, en papier ou en numérique, et plus d’espaces différents pour lire : cours de récréation, permanences, foyers… et pas uniquement la classe ou de CDI.
Je souhaite cultiver la motivation pour la lecture. Instaurer le quart d’heure quotidien de lecture qui doit impliquer tout le personnel de l’établissement, les enseignants, les personnels de cantine, le principal, les surveillants… Valoriser l’acte de lire, à l’école ou ailleurs. On ne peut pas donner envie de lire à un enfant si on ne montre pas l’exemple !
Nous sommes une brique, mais beaucoup d’enseignants et d’établissements proposent déjà des dispositifs intéressants. Ça va dans le bon sens, même si, pour moi, la lecture n’est pas encore assez valorisée.
Conclusion
Sondo s’inscrit délibérément en appui des pratiques existantes : il n’édite pas, ne remplace pas le livre, ne gamifie pas. Il élargit l’accès aux textes, soutient la différenciation pédagogique et allège la charge de préparation des enseignants.
L’enjeu que pointe Anne Thay dépasse la plateforme : redonner à la lecture une place quotidienne dans les établissements, multiplier les espaces et les formats, et faire des adultes de l’école (enseignants, surveillants, personnels) des lecteurs visibles. Sondo est un levier parmi d’autres. La motivation, elle, se construit en dehors de tout outil.
TESTEZ SONDO POUR LE « LABEL ARBS »
Nous recherchons des enseignants de primaire et secondaire pour tester l’application « Sondo ».
Le label ARBS permet de distinguer des ressources numériques testées et validées par des parents et des enseignants, sur la base de critères objectifs : ergonomie, prise en main technique, facilitation des apprentissages, interactivité…
Vous souhaitez participer à cette évaluation pour peut-être permettre à Sondo d’obtenir le « Label ARBS » ? Inscrivez-vous !
Les dates-clés :
- inscriptions jusqu’au 17 avril 2026
- évaluation de l’application Sondo
- restitution des questionnaires d’évaluation pour le 30 juin 2026.
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