Ils sont là, en tête de gondole, dans tous les magasins, bien colorés pour attirer le regard. Les cahiers de vacances nous font de l’œil : c’est bientôt les grandes vacances ! Et avec elle, LA question : faut-il acheter un cahier de vacances ? Faire travailler nos enfants pour maintenir leurs acquis scolaires ou les laisser profiter pleinement de leur pause estivale ? Nous ne vous donnerons pas de réponse, mais quelques pistes pour qu’ils gardent leurs bonnes habitudes et certains réflexes de travail.
Les cahiers de vacances : des avantages… et des limites
C’est Rogner Magnard qui en 1930 a eu l’idée de créer des cahiers de vacances pour les écoliers, afin de pallier « la glissade de l’été » et les risques de perte d’acquis scolaires chez les élèves. Ce produit novateur était aussi une opportunité commerciale pour la marque, permettant d’augmenter les ventes sur la période estivale, originellement calme.
Les cahiers actuels ont bien évolué depuis la création. Ils proposent, pour chaque niveau, de réviser le français, avec des exercices de lecture, orthographe, grammaire, conjugaison, ou rédaction, ainsi que les mathématiques, qui regroupent la numération, le calcul, la géométrie, ou les problèmes.
À ces matières fondamentales se sont ajoutés d’autres apprentissages : sciences, langues étrangères (surtout anglais, parfois espagnol ou allemand), histoire/géographie.
Certains manuels abordent également d’autres domaines : éducation artistique (EMC), méthodologie, culture générale, logique, découverte du monde… Chaque écolier ou lycéen peut ainsi choisir le cahier adéquat pour raffermir ses connaissances dans les domaines souhaités.
D’autre part, les cahiers de vacances se sont adaptés à la jeunesse actuelle. Ils sont devenus plus ludiques, moins scolaires et bien plus attrayants tout en maintenant l’exigence de la qualité éducative. En plus des leçons et exercices, ils proposent souvent des jeux, énigmes, ou défis. Les enfants peuvent aussi retrouver l’univers de leurs héros préférés grâce à des licences jeunesse qui rendent les révisions plus attractives et fidélisent ainsi les familles.
De fait, le succès est croissant, puisque près de 5 millions de cahiers sont vendus chaque année, de la maternelle au lycée. Et désormais, même les parents ont leurs cahiers pour eux aussi revoir les fondamentaux : langue française, culture générale…
Quels sont les avantages des cahiers de vacances ?
1. Réviser de manière structurée et consolider les acquis
Ils existent depuis longtemps et ce n’est pas un hasard. Le premier avantage du cahier de vacances est sa structure. Il propose des exercices progressifs, organisés par matière et par niveau pour revoir les notions fondamentales. L’élève sait quoi faire, sans avoir à chercher des supports. Le cahier offre un cadre simple et rassurant, particulièrement apprécié par certains enfants. C’est un outil pratique pour revoir les bases en français et en mathématiques.
Pour les élèves qui ont rencontré des difficultés pendant l’année, les cahiers de vacances constituent aussi une occasion de consolider les acquis avant la prochaine rentrée. Selon Mikaël Guetta, pédopsychiatre spécialiste de la santé mentale des enfants et des adolescents, de la naissance à l’âge adulte, exerçant à American Hospital of Paris : « Les cahiers de vacances sont très utiles pour les enfants qui ont des difficultés scolaires, car le fait de travailler pendant les vacances peut leur permettre de découvrir à la fois, une nouvelle vision du travail avec plus de temps, mais aussi de rattraper une partie du retard accumulé durant l’année ».
C’est aussi un bon moyen de développer l’autonomie des élèves, qui apprennent à s’organiser, gérer leur temps ou prendre des initiatives.
2. Conserver de bonnes habitudes de travail et rassurer
Le cahier de vacances permet aussi de garder un rythme régulier, même très léger, pendant l’été. L’enfant continue à lire, à écrire, à compter, à comprendre des consignes et à réfléchir aux notions apprises. Il conserve les bonnes habitudes de travail et entretient les automatismes de réflexion. Pour certains, ce sentiment de continuité est important, car il évite le « grand trou » des deux mois de vacances et le stress de la rentrée, quand on a l’impression d’avoir tout oublié.
3. Apprendre en s’amusant
Les éditeurs proposent des ouvrages attrayants et ludiques, chacun avec son style. Les cahiers sont colorés, agrémentés d’illustrations, d’énigmes ou de petits jeux, parfois de blagues qui rendent le temps de travail plus agréable.
La modification de la durée des vacances scolaires est un sujet récurrent, comme le souligne un article de France Info de février 2026. Dans ce contexte, les cahiers de vacances constituent l’une des solutions envisageables pour entretenir certains acquis pendant l’été.
Pourquoi les cahiers de vacances ne conviennent-ils pas à tous ?
1. Une motivation parfois limitée
Un point important : le cahier de vacances est efficace, à condition qu’il ne soit pas une punition. L’enfant doit avoir envie de se servir de son cahier de vacances, et ne pas être contraint par les parents. S’il faut se battre chaque jour avec lui pour qu’il s’attèle à ses exercices, si le sujet devient conflit, il vaut mieux laisser le cahier et apprendre autrement, car il deviendrait totalement contre-productif, comme le souligne un article de Psychologies.
La motivation et le plaisir sont en effet essentiels. Si l’enfant a l’impression de prolonger l’école et de travailler par obligation, pour faire plaisir à ses parents, il risque de se décourager, voire de se braquer complètement. Alors qu’un enfant curieux et impliqué se mettra à l’ouvrage sans rechigner et retiendra davantage.
2. Des besoins différents selon les élèves
Un autre point mérite d’être pris en compte : les besoins des élèves sont très différents. Un cahier standard ne répond pas toujours aux difficultés ou aux centres d’intérêt de chacun, et les cahiers peuvent ne pas forcément convenir aux enfants atypiques, dys ou présentant des troubles de l’apprentissage.
D’autre part, les cahiers de vacances ne sont pas forcément nécessaires pour des élèves qui n’éprouvent aucun problème scolaire particulier car ils retrouveront facilement leurs acquis à la rentrée. Et ils pourraient avoir l’effet inverse et dégoûter de l’école ceux qui s’y sentent mal ou rencontrent des difficultés.
Enfin, certains enfants ne se sentent pas capables de travailler seuls et devront être accompagnés d’un adulte. Mais là encore, ouvrir le cahier doit être un divertissement, un bon moment partagé, et pas une corvée effectuée pour faire plaisir aux parents. D’autre part, les cahiers de vacances peuvent accroître les inégalités scolaires, certaines familles ne pouvant pas proposer à leurs enfants l’accompagnement adéquat pour une utilisation fructueuse.
3. Les vacances, un coupure bénéfique
Après plusieurs mois de cours, et un rythme de vie souvent intense, les élèves veulent souffler. Le cerveau et le corps ont besoin de repos ! On en profite pour changer de rythme, ne plus mettre le réveil, se reposer, jouer, rêver ou ne rien faire, et consacrer du temps aux activités souvent mises de côté pendant l’année scolaire. Une coupure bénéfique à la fois sur l’énergie et la concentration, qui intensifiera la motivation et la curiosité pour la prochaine rentrée.
Pour autant, les vacances ne signifient pas nécessairement l’arrêt complet de toute activité intellectuelle ! Il existe de nombreuses manières d’apprendre sans avoir l’impression de travailler, et d’y prendre plaisir. Et à l’instar de Monsieur Jourdain, nos enfants peuvent faire de la prose (ou des maths, de l’histoire et de la géographie) sans en avoir conscience !
Et si les vacances étaient justement l’occasion d’apprendre autrement ? Car lire, jouer, cuisiner, visiter ou simplement observer le monde, sont autant d’activités qui mobilisent des compétences scolaires sans jamais ressembler à un exercice.
7 façons ludiques et faciles de renforcer ses acquis pendant l’été
1. Lire pour enrichir son vocabulaire et sa culture
L’été, c’est le bon moment pour ressortir des greniers ou des bibliothèques des grands-parents, les vieux Tintin, Astérix et autres BD, ou pour en découvrir d’autres. Si l’enfant a du mal à lire seul, créer un rituel agréable autour de la lecture lui donnera envie de continuer, et l’incitera à ensuite découvrir par lui-même.
Nous avions déjà abordé la lecture dans notre article : La lecture : comment (re)donner le goût de lire aux enfants ? La lecture est un des moyens les plus efficaces de développer ses connaissances sans avoir l’impression de faire ses devoirs. Romans, bandes dessinées, documentaires, presse jeunesse, livres de blagues, livres d’énigmes, d’expériences scientifiques, de voyages ou magazines enrichissent le vocabulaire et améliorent la compréhension. À chacun son sujet de prédilection !
C’est aussi en nourrissant la curiosité de l’enfant qu’on peut l’inciter à lire : déchiffrer une recette de cuisine, lire les panneaux quand on voyage, ou bien le guide touristique, ou encore les cartels explicatifs d’un musée ou d’une expo sont autant d’exercices de lecture qui n’apparaissent pas comme du « travail » mais aident malgré tout l’enfant à progresser.
Pour donner des idées de livres à glisser dans la valise des vacances, ARBS propose une liste de lectures conseillées par les éditeurs jeunesse, adaptée aux jeunes lecteurs de 9-12 ans.
2. Écrire sans s’en rendre compte
L’écriture peut également prendre des formes très libres, adaptées à l’âge et la maîtrise de l’enfant. Elle travaille non seulement la graphie, mais aussi l’orthographe, la grammaire, le vocabulaire… un exercice ultra complet qui, s’il est bien présenté, peut recueillir beaucoup de succès.
Pour les petits, il est important de privilégier des écrits courts et simples :
- Liste de courses
- Cartes postales
- Petites consignes de jeux
- Énigmes…
Les plus grands peuvent tenir un journal de vacances ou un carnet de voyage pour y raconter les découvertes, visites ou rencontres de l’été, écrire des lettres à la famille ou à leurs amis, ou s’amuser à inventer une histoire, seul ou à plusieurs mains : succès garanti !
3. Observer autour de soi
Même en restant à la maison, il est facile de proposer des activités ludiques qui développent la réflexion.
Pour résoudre des problèmes de maths, rien de plus simple : suivant son niveau, l’enfant peut mesurer les objets ou mobiliers de la maison, calculer la distance parcourue pendant la balade à vélo, le remplissage de la piscine (ou de la baignoire !), l’âge moyen des membres de la famille, ou encore transposer les unités de mesure en cuisine… autant d’énigmes mathématiques à proposer pour calculer de manière ludique.
4. Jouer pour développer ses compétences
Le jeu est un exceptionnel outil de mémorisation et développe de nombreuses aptitudes : il demande de comprendre des consignes et de les suivre, structure la pensée et l’action, développe la créativité, l’imagination et la précision du langage, ainsi que l’interaction avec les autres et la gestion des émotions.
Et jouer, c’est facile car tous les gestes ou moments de la vie quotidienne peuvent devenir un jeu, en veillant cependant à conserver des moments de détente pour ne pas tomber dans la surstimulation.
Les jeux de société, jeux de stratégie et jeux de lettres ou de logique classiques ont fait leurs preuves pour passer de bons moments en famille. Mais chaque famille peut créer ses propres jeux : énigmes à résoudre, construction d’un jeu de piste, de rébus, création d’un spectacle de théâtre ou chant…
De même, on trouve dans le commerce des manuels de jeux mélangés pour tous les âges, qui font appel au vocabulaire, à la mémoire, au calcul avec des sudokus, des mots fléchés, des rébus et énigmes…
5. Chanter pour exercer sa mémoire
Pour développer la mémoire, rien de tel que le chant ! Chanter, ça rend heureux et c’est souvent bien plus drôle d’apprendre une chanson que l’on a inventée que de mémoriser une poésie pour l’école ! Mais avant de la présenter devant la famille au cours d’un spectacle, pourquoi ne pas écrire ensemble la chanson, trouver l’air et l’interpréter, même sans instrument ; il suffit de créer des percussions avec ce qu’on a sous la main : succès garanti pour tous les âges !
6. Cuisiner en famille
Lire la recette, trouver les ingrédients, les peser soigneusement, respecter les consignes… La conception d’un plat est un exercice complet qui fait intervenir de nombreux apprentissages. Et qui est bien récompensé par la dégustation !
7. Voyager et découvrir le monde
Les sorties culturelles sont aussi riches d’apprentissages. Une visite de musée, une découverte patrimoniale ou une exposition permettent d’acquérir de nouvelles connaissances et d’ouvrir le regard sur le monde. Et pour que l’apprentissage soit total, la visite sera suivie d’un beau compte-rendu sous forme de lettre à envoyer, de journal de bord, de spectacle…
Ainsi le débat ne se résume pas à être pour ou contre les cahiers de vacances, mais à comprendre les besoins de chaque enfant pour proposer des solutions adaptées, et à l’accompagner, quelle que soit la solution choisie. L’essentiel est de conserver une activité intellectuelle régulière tout en profitant pleinement des vacances et en s’amusant et de ne surtout pas forcer l’enfant. Cahier de vacances, lecture, jeux, découvertes culturelles ou consultation ponctuelle des manuels scolaires : ce sont toutes ces solutions qui permettent de préparer sereinement la rentrée.
10 jeux pour les longs trajets d’été
Un trajet en voiture ? Voici quelques idées pour laisser de côté les téléphones et tablettes et partager un bon moment tout en stimulant les enfants (sans entendre toutes les 5 minutes « on est bientôt arrivés ? ») :
- Jeu des rimes, des charades, du petit bac: avec ou sans papier, ils sont parfaits pour acquérir du vocabulaire. Parler en rimes, c’est amusant comme tout ; les charades aident à réfléchir de manière originale et le petit bac à chercher des synonymes.
- Jeu du « qui suis-je ? » ou « devine à quoi je pense »: un joueur trouve un mot : une chose ou une personne et le garde secret. Les autres joueurs doivent devenir ce mot. Ces jeux sont accessibles même aux petits, ils font travailler intensément la réflexion et la logique.
- Jeu « je mets dans ma valise »: une longue liste d’objets logiques ou loufoques, à retenir ! Un bel exercice pour développer la mémoire et l’imagination.
- Jeu des panneaux: il suffit d’apprendre à reconnaître les panneaux et d’aider le conducteur ! Les plus grands peuvent aussi prendre la carte (une carte Michelin comme autrefois !) et servir de copilote : un excellent moyen pour découvrir la région, apprendre à se repérer dans l’espace.
- L’éternel jeu du « Ni oui ni non » qui demande de la concentration, autant pour poser les questions qu’y répondre.
- Chasse au trésor, un fantastique jeu d’observation pour tous les âges. Prévoir une petite fiche avec une liste variée de choses à trouver le long de la route (éolienne, panneau rouge, cheval, vache, pont, station essence, cheminée, maison jaune…) et répertorier les découvertes. Ici aussi l’observation est aux aguets.
- Le Jeu des voituresconsiste à trouver une voiture d’une couleur particulière, avec une lettre spécifique sur la plaque d’immatriculation ou d’une certaine marque :
- Jeu de l’alphabet: trouver sur le parcours des mots commençant par les lettres de l’alphabet, dans l’ordre ou en sens inverse.
- Jeu de la phrase la plus longue: une sorte de téléphone arabe, où chacun continue la phrase, sans se tromper, tout en répétant ce qui a été dit depuis le début.
- Sans oublier les livres audio, accessibles aussi pour les enfants, les répertoires de chansons, les histoires racontées sur fond de musique classique ou les stations de radio adaptées aux enfants…