Première expérience professionnelle : comment ARBS accompagne les jeunes

L’été dernier, nous vous avions fait découvrir Les coulisses de ARBS. Cette année, nous sommes allés à la rencontre de quelques jeunes qui travaillent à l’entrepôt. Pour Emma et Hirwa, c’est une première expérience de job d’été, tandis que Grégoire est un habitué : il entame sa 4saison à ARBS et connaît donc bien le fonctionnement des retours et de la préparation des manuels scolaires.

Pourquoi avez-vous décidé de travailler à ARBS pendant l’été ?

Pour Emma, 20 ans, c’est un 1er job, dont elle avait souvent entendu parler : «Mon frère, ma sœur et son mari travaillaient ici. Ils m’ont raconté les choses qui leur avaient plu, et ça m’a donné envie. J’ai choisi de travailler ici pour l’ambiance chaleureuse et amicale avec les collègues. Ça devient très agréable de travailler, peu importe le travail. Il y a vraiment une très bonne ambiance.»

Le travail dans l’équipe ARBS est aussi un 1er job pour Hirwa, 19 ans, lui aussi incité à rejoindre l’équipe : « Plusieurs personnes de la famille ont travaillé au même poste et m’ont transmis les propositions de jobs envoyées par Alexis. Ils ont dit qu’il y avait beaucoup de travail mais aussi un vrai sens de la cohésion et que le travail se déroulait dans de bonnes conditions avec une bonne équipe. C’est surtout ça qui m’a attiré, ce sens du social, du partage, ainsi que de travailler dans un cadre ludique et agréable. »

Grégoire, bientôt 21 ans, entame pour sa part sa 4saison à ARBS et est présent de juin à fin août. « C’était mon 1er job étudiant et je suis arrivé parce que ma mère travaillait ici en tant que saisonnière également. Elle m’a recommandé le job pour la bonne ambiance et parce qu’on est entre jeunes. C’est rare dans une équipe qu’il y ait uniquement des jeunes de la même tranche d’âge qui ont les mêmes “délires”, les mêmes connaissances ou le même environnement que nous. Cette année, Alexis (le responsable de l’entrepôt) m’a nommé chef d’équipe parce que je connais bien le boulot. »

Grégoire ajoute qu’il a aussi travaillé ailleurs et que nulle part il n’a retrouvé l’ambiance de travail propre à ARBS, à savoir une motivation de l’ensemble de l’équipe à bien faire et une vraie cohésion entre tous. « Franchement, chaque été, je m’éclate. » 

Qu’attendiez-vous de cette expérience ?

Hirwa : «J’avais un peu d’appréhension! J’avais envie de travailler mais aussi un peu peur de l’ambiance et du cadre de travail. J’allais passer tout un été avec certaines personnes et devoir apprendre à les connaître. C’était plus une appréhension sur les relations sociales que sur le travail en lui-même. Maintenant je suis rassuré.»

Emma ajoute : «J’avais aussi très peur du social, que ça se passe mal et qu’il n’y ait pas de cohésion. Au final, ça se passe super bien. Je redoutais de ne pas être à la hauteur mais les ainés sont vraiment là pour nous aider, pour nous apprendre et répondent aux questions que l’on pose, même si on les fait répéter.»

Justement, comment se déroule l’intégration des nouveaux saisonniers ? Recevez-vous une formation avant de commencer ? Y a-t-il un encadrement particulier ?

Grégoire : «Alexis est très rigoureux sur la manière de tout faire, et en soi c’est une bonne chose, car il nous fait confiance et nous laisse faire comme on souhaite. Au tout début on est très bien formés sur le pourquoi : pourquoi on fait les choses dans tel ordre, pourquoi on scanne les entrées avant de les mettre en rayon ou les rebuts avant de les mettre à la benne, pourquoi il faut faire comme ceci et pas comme cela. Il nous explique la manière de gérer les stocks, et j’ai l’impression de connaître totalement le fonctionnement. On n’est pas juste des exécutants pour porter un livre d’une pile A à une pile B, on sait à quoi on sert dans la chaine.»

Hirwa complète : «Les deux premières journées, nous sommes en formation. Alexis nous suit quasiment toute la journée sur chaque poste auquel on est affilié dans l’entrepôt, il explique tout. Il était là quand j’ai commencé à faire les rebuts, à faire les rayons, en fait il a toujours été là.»

Emma continue : «On est ensuite affilié à un collaborateur plus expérimenté qui nous chapeaute. Mais assez régulièrement, Alexis jette un coup d’œil pour vérifier qu’on fait bien les choses. Et au bout de 1 semaine et demie, 2 semaines environ, on est complètement autonome. Mais il contrôle quand même et c’est rassurant, car on sait qu’on ne fera pas de grosse bêtise.»

À quoi ressemble une journée classique ?

Grégoire, qui connaît bien le système, répond automatiquement : «Il n’y a pas de journée type. Les horaires peuvent être décalés suivant la charge de travail, suivant le retour des livres en provenance des établissements. En général, on commence à 9 h, mais il est possible que ça soit plus tôt si on sait que la journée sera chargée.

Aucune journée ne se ressemble vraiment du fait du nombre important de missions différentes. On peut faire des rentrées de manuels, des sorties, des rebuts, du rangement, de la consolidation de livres neufs… Les journées sont toutes différentes : on peut faire 3 heures de rangement, et 5 heures de consolidation ou bien 3 heures de retours et le reste en rangement et consolidation.

Demain, par exemple, on sait déjà qu’il y aura beaucoup de retours, donc toute l’équipe sera sur ce poste et personne ne sera en consolidation de livres neufs. De manière générale, on commence souvent par les retours. Les missions sont souvent les mêmes mais on ne fait jamais la même chose.»

Hirwa ajoute qu’il aime bien le rebut. «C’est un moment où on peut se recentrer sur soi-même, on est au calme pour scanner les livres, dans un petit coin.»

Emma quant à elle «aime bien le rangement, en musique», même si elle avoue se perdre encore souvent dans les rayons ! Elle ajoute : «J’essaye de m’améliorer avec la vitesse de rangement. Et en fait, il n’y a rien que je n’aime pas, mais beaucoup de chose que j’aime bien faire. Les retours quand on est en groupe, c’est un super moment avec une super ambiance, on discute, on rigole, ça devient sympa. Je suis contente de venir travailler. Et on a le droit de travailler avec la musique tant qu’on entend!»

  • Pour rappel, les « Retours » sont les manuels scolaires renvoyés par les établissements soit parce qu’il y a eu une réforme et qu’ils sont donc devenus obsolètes, soit parce que l’école a choisi une autre référence pour la matière, ou n’en a plus besoin. Ils arrivent déjà bien rangés par cartons.
  • Les manuels qu’on n’utilise plus du tout (les « Rebus ») sont rassemblés dans une benne (par exemple, les anciennes de 2011 ou 2012 qui n’ont plus d’utilité). Ils seront ensuite récupérés par une société qui recycle le papier et produit du papier recyclé.

Hirwa : «Au début, j’étais choqué de jeter des livres et je me disais qu’ils auraient pu être revalorisés auprès d’assos éditions par exemple, mais je sais que le transport coûte extrêmement cher et donc que ça n’est pas forcément intéressant économiquement.»

Grégoire enchaine : «Mais quand on vérifie les livres qui reviennent, on voit sur l’étiquette de page de garde les années et souvent le nom des élèves qui l’ont utilisé : on voit que le livre a été utilisé longtemps, souvent plusieurs années. Donc pas jeté pour rien. Il y a aussi des livres qui sont vraiment abimés et qu’on ne peut plus consolider : on voit qu’ils ont bien servi.»

Et Emma conclut : «Finalement, c’est bien économiquement et pour l’environnement.»

Ce que l’on peut autoriser, encadrer ou refuser

  • L’IA peut être autorisée pour expliquer une notion mal comprise, proposer un quiz, aider à mémoriser, corriger une réponse déjà écrite ou faire émerger des questions de révision.
  • Elle doit être encadrée lorsqu’elle sert à résumer un chapitre, proposer un plan, préparer un exposé ou améliorer une fiche complète. Dans ces cas-là, l’élève doit pouvoir dire ce qu’il avait fait avant, ce qu’il a gardé, ce qu’il a modifié et ce qu’il a vérifié.
  • Elle doit être refusée lorsqu’elle rédige le devoir à la place de l’élève, contourne une consigne du professeur, invente des sources ou remplace une lecture obligatoire.

Quelles sont les qualités nécessaires pour réussir dans ce poste ?

Hirwa : «La performance : dès que tu performes, Alexis te laisse tranquille, il a confiance en toi.»

Pour Gregoire«il faut être autonome; savoir ce que tu fais, et avoir le sens de l’orientation! Pas la performance, je dirais plus de la rigueur. Il faut être rigoureux quand on manipule un livre, quand on range : c’est tout un art, on fait des piles de 5, en quinconce, on compte, il y a une vraie technique pour rentabiliser l’espace.»

Combien de personnes travaillent sur le site pendant l’été ?

Il y a 13 jeunes pour l’équipe d’Alexis pour les retours établissements, le tri, le rangement, le marquage et la consolidation. Plus une autre équipe de 6 personnes pour les livres neufs de la librairie Tison, qui s’occupent de réceptionner toutes les commandes de livres neufs, de les déballer et de vérifier les stocks, et qui font les envois.

Et de plus, beaucoup de jeunes en jobs d’été sont en livraison donc presque jamais dans l’entrepôt : environ 25 jeunes sont dispatchés dans les établissements pour faire les reventes, et regrouper les manuels.

Quelles sont, selon vous, les principales valeurs portées par ARBS ?

Grégoire : «Moi je comprends : les bienfaits ou vertus. Pour moi, c’est faire en sorte que chaque élève ait tous ses livres en bon état, préparés et consolidés par l’équipe. Faciliter l’accès aux manuels scolaires pour les établissements qui travaillent avec ARBS. On a une vraie utilité. Et on travaille avec de vraies valeurs : convivialité, exigence, rigueur, entraide.

Ici tu ne peux pas travailler si tu ne travailles pas avec les autres. Il y a une bonne ambiance, ce qui va faire que ça marche. La communication est aussi très importante. On apprend le savoir-vivre, et le savoir-être, en rigolant et en travaillant beaucoup.»

Avez-vous été confrontés à des difficultés auxquelles vous ne vous attendiez pas ?

La réponse d’Emma fuse avec un éclat de rire : «L’orientation! C’est petit mais c’est très grand! Je me perds encore…»

Hirwa ajoute : «Alexis connaît tout par cœur, les réformes, les livres à changer, toute la logistique. Les surplus à garder… C’est impressionnant. Et il explique super bien. Les chefs d’équipe peuvent aussi expliquer aux nouveaux, tout le monde s’entraide. On sait tous pourquoi on fait une chose. Ça donne du sens pour ne pas être un robot. Surtout pour des métiers de manutention.»

Gregoire termine : «J’ai fait d’autres jobs, mais ça n’avait rien à voir. Ici, je sais pourquoi je travaille, à quoi je sers.»

Qu’est-ce qui vous rend le plus fier dans votre travail ? Ce qui vous plait le plus ?

Grégoire : «Je suis fier de travailler ici, sinon je ne reviendrais pas. Et personnellement, je fais de belles rencontres. J’apprends à connaître les gens, certains que je vais garder en contact». Il réfléchit et reprend : «Oui, je suis fier, parce que je sais que ce que je fais, c’est utile, j’ai contribué, les élèves auront de trop beaux livres, que ce soient des collégiens, des primaires, des lycéens ou des élèves en études supérieures.»

Si vous deviez convaincre un autre étudiant de rejoindre ARBS l’été prochain, que lui diriez-vous en quelques mots ?

Hirwa : « C’est une très bonne expérience professionnelle surtout parce qu’on attend quelque chose de toi et que tu dois le réaliser. Tu apprends la rigueur dans la bienveillance. Tu n’es pas stressé. »

Grégoire : « On sait qu’on a une charge conséquente ou non, mais pas de timing. L’erreur est admise, on est là pour apprendre, pour être formé. »

Hirwa conclut : « C’est une excellente expérience. Je sais que je vais avoir certaines valeurs inculquées par cette expérience. »

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